5 juin 2026

La Pentecôte n’est pas encore passée depuis très longtemps. Les images sont encore vivantes, les mots encore présents et la musique résonne encore dans les oreilles. Mais que reste-t-il lorsque le quotidien prend le pas sur les souvenirs ?

C’est peut-être pour cela qu’il faut parfois faire sciemment un pas en arrière. Non pas pour tout énumérer à nouveau dans l’ordre chronologique, mais pour découvrir quelles images sont restées gravées dans notre mémoire. Notre voyage en Afrique du Sud a commencé sans grande fanfare : par le trajet habituel pour nous rendre au bureau, sur l’Ueberlandstrasse. Encore quelques documents, quelques dernières concertations, quelques dernières questions organisationnelles… puis nous avons pris la direction du Cap via Francfort.Les premiers jours ressemblaient à un voyage professionnel : vérifier les installations techniques, inspecter les salles, coordonner les processus. À cela se sont ajoutées des rencontres, des réunions et la visite à Ocean View, où l’apôtre de district David Heynes était attendu par plus de 1 300 frères et sœurs. Ce n’est qu’à partir du samedi que les choses ont commencé à changer légèrement : de façon perceptible, le voyage professionnel est devenu un voyage de Pentecôte.Le samedi, une excursion sur la côte ouest de False Bay était prévue au programme. À Simon’s Town, il nous restait encore un peu de temps pour aller voir la colonie de manchots sur la plage, et nous nous sommes brièvement demandé si cela pourrait nous inspirer pour un code vestimentaire ecclésial. Il n’y a pas eu beaucoup de temps pour s’attarder sur cette question : le soir, le concert nous attendait à Silvertown.

Dès la première prestation, je me suis penché vers mon collègue et lui ai murmuré : « Ce chant serait sans doute le moment fort de la plupart des concerts ; et pourtant, eux commencent tout simplement par celui-ci. »

C’est précisément ce qui m’impressionne toujours chez les musiciens sud-africains : cette capacité non seulement à interpréter la musique avec précision et brio, mais aussi à la remplir d’émotion, de joie et d’espérance. Et c’est exactement ce que nous avons ressenti ce soir-là.

L’apôtre-patriarche l’a exprimé à la fin du concert. Il a évoqué la fréquence à laquelle les gens sont inspirés, par exemple par la musique, et la rapidité avec laquelle ces impulsions s’estompent à nouveau, soit parce que le quotidien reprend le dessus, soit parce que leur propre scepticisme augmente.Puis, brusquement, il a invité l’assemblée à s’arrêter un instant. Pour une prière personnelle. Pour un moment de recueillement devant Dieu.Le silence qui s’est ensuivi ne semblait ni organisé ni convenu. Il ne se manifestait pas par de grands gestes, mais par de petits mouvements : par des mouchoirs, des regards baissés, quelques larmes que personne n’avait besoin de cacher.

C’est peut-être justement pour cette raison que cette soirée n’était pas simplement un concert. Sans qu’on ait pu le prévoir, c’était déjà une préparation à ce qui allait se passer le lendemain matin.

Quand je me réveille, je ne pense pas tout de suite au service divin, mais plutôt au fait que, dans environ sept heures, nous serons déjà à nouveau en route pour l’aéroport.

Mais avant cela, il y a encore cet événement particulier : le service divin de la Pentecôte, diffusé dans le monde entier. Le service divin au cours duquel un nouvel apôtre-patriarche sera ordonné et l’apôtre-patriarche actuel sera admis à la retraite.

Je fais ma valise avant même le petit-déjeuner. Plus tard, il n’y aura plus le temps de s’en occuper. Il n’y a pratiquement pas de temps entre la fin du service divin et le départ pour l’aéroport. Vêtu de mon costume noir, je prends mon petit-déjeuner, je bois un café, je discute de la journée avec mes collègues et, en parallèle, je télécharge ma carte d’embarquement.Tout cela est très pratique. Et pourtant, nos pensées reviennent sans cesse vers les figures centrales de cette journée : l’actuel apôtre-patriarche et son successeur.

Environ 20 minutes avant le départ pour l’église de Tafelsig, chacun regagne une nouvelle fois sa chambre. Je suis déjà prêt et me dirige directement vers les cars en attente ; je salue l’équipe sud-africaine et je sens soudain un mouvement derrière moi.

L’apôtre-patriarche Schneider s’approche du car en compagnie de son épouse.

Inhabituellement tôt.

Je m’approche de lui en souriant, je tapote ma montre à mon pognet en disant :« Apôtre-patriarche, que se passe-t-il ? D’habitude, vous n’êtes jamais là aussi tôt. »

Il éclate immédiatement de rire.« Oui, d’habitude… » Puis il se frotte les mains : « Mais aujourd’hui, c’est un jour très spécial. »

Ce bref instant reflétait déjà un peu de l’intensité de cette journée : le sérieux, la joie impatiente, et cette joie presque juvénile à l’idée des choses à venir.

Peu à peu, les autres apôtres de district, les apôtres de district adjoints et leurs épouses arrivent eux aussi près des cars. Une fois assurés que l’apôtre-patriarche adjoint est bien à bord – personne ne veut se passer de lui aujourd’hui –, les deux cars se mettent lentement en route. L’itinéraire longe la côte. À droite, la mer ; des vagues écumeuses et blanches ; l’herbe des dunes au gré du vent.

Le silence s’installe dans le car. À droite, la mer ; à gauche, la ville ; devant nous, Tafelsig.

Nous passons d’abord devant l’église néo-apostolique d’Eastridge, puis, environ un kilomètre plus loin, devant le bâtiment de la communauté de Tafelsig Ouest. Mais la communauté n’est pas rassemblée à l’intérieur de l’église, elle se tient au bord de la route en faisant des signes de la main. Ce n’est pas un accueil parfaitement orchestré, mais plutôt une joie sincère. Un accueil fort, chaleureux, sud-africain. De là, il ne reste plus qu’environ 600 mètres jusqu’à la grande église de Tafelsig.

À l’extérieur, des bénévoles coordonnent l’arrivée. Les frères et sœurs affluent vers le site. Tenues de fête, embrassades, petits mots lancés à la volée, regards scrutateurs. Tout est en mouvement. L’apôtre-patriarche et ses accompagnateurs pénètrent dans le bâtiment par le parking souterrain et disparaissent en direction de la sacristie.

Nous empruntons l’escalier pour nous rendre vers la nef de l’église. La cage d’escalier est étroite ; il faut monter patiemment, marche après marche.

Et c’est justement là qu’on l’entend vraiment pour la première fois :

la musique.

Par les portes ouvertes, le chœur et l’orchestre résonnent jusque dans la cage d’escalier. Les voix résonnent de plus en plus fort à chaque marche. Les conversations cessent. Le rythme ralentit.

Et lorsque nous entrons finalement pour rejoindre nos places, nous avons l’impression de pénétrer au cœur d’un événement qui a déjà commencé depuis longtemps et qui se répand bien au-delà des murs de cette église.

À suivre…































































































































































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